Samedi 5 avril.—Les marionnettes de Holden! Ces gens de bois sont un peu inquiétants. Il y a une danseuse, tournant sur ses pointes dans un clair de lune, de laquelle pourrait s'éprendre un personnage d'Hoffmann, et encore un clown qui se couche, cherche sa position sur un lit, et s'endort avec des poses et des gestes d'une humanité de chair et d'os.

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Samedi 12 avril.—Aujourd'hui, j'entre à la Vie Moderne. C'est amusant, l'installation d'un journal à images naissant, avec ses divans qui ne sont encore que des planches, l'essai de ses cornets acoustiques qu'on pose, les épreuves de Gillot voletant sur le bureau, la paperasserie en désordre de la copie des feuilles destinées à faire le premier numéro, les allées et les sorties de messieurs qui s'en vont, après un petit entretien avec le rédacteur en chef dans un coin du bureau.

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Dimanche 13 avril.—Liphart, en faisant mon portrait, m'apprend qu'il y a des femmes russes qui prennent de la belladone pour s'agrandir la pupille, et donner à leur regard de l'étrangeté et du brillant.

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————C'est singulier, je suis un aristo, et je trouve qu'il n'y a que moi, dans le roman peuple, qui aie eu de la tendresse, des entrailles, pour la canaille.

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————Je persiste à déclarer que les réceptions de l'Académie m'apparaissent comme des récréations de cuistres.

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