—Cette femme je l'ai rencontrée, quand j'étais en prison.
—Bah!
—Oui, c'était à la fin de l'Empire, lorsque tout était détraqué. Le jour où j'ai été écroué à Sainte-Pélagie, le directeur s'est empressé de me dire: «Vous n'avez qu'à adresser une demande, pour être transféré dans une maison de santé.» Et la première parole de l'autre directeur a été: «Donnez-moi votre parole que tous les soirs, vous serez rentré à dix heures….et vous êtes libre».
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Mercredi 28 mai.—Liesse me dit que son exemplaire des FRÈRES ZEMGANNO a un joli autographe à la dernière page: il est signé d'une larme de jeune fille, à laquelle il l'avait prêté.
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————N'est-ce pas paradoxal que ce soit de nos revers qu'est sortie une école de peinture militaire. Du temps de notre gloire, il y avait un peintre isolé, comme Vernet, comme Raffet, mais non tout un petit monde, pouvant faire les frais d'une exposition spéciale.
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————Quel malheur de n'avoir pas trouvé le temps de faire notre «Catéchisme révolutionnaire de l'art». Et comme il aurait été amusant, au nom de Raphaël, à propos de tel tableau qu'on admire, d'indiquer ce que les restaurateurs ont laissé juste de peinture, même de dessin du maître, mais c'était un travail immense de recherches, de courses, de conversations avec les gens techniques, et il ne fallait ni erreurs, ni exagérations. Puis encore au sujet d'une faïence Henri II, de montrer le peu de perfection de la matière, la tristesse du décor, l'insenséisme des prix.
Et ainsi de tout, et aller pendant trois cents pages, trépignant, bouleversant les opinions consacrées, les admirations séculaires, les programmes des professeurs d'esthétique de l'Institut, toute cette vieille foi artistique, plus entêtée, plus dépourvue de criterium que la foi religieuse.