Pour cette famille Napoléon, semble revivre la fatalité antique, la fatalité attachée à la famille des Atrides.

* * * * *

Dimanche 22 juin.—C'est le dernier dimanche de Flaubert. Daudet apparaît un moment. Il a l'entrée anxieuse d'un être malade, qui interroge les visages. Il s'assoit. Je suis frappé de la pâleur de cire de ses mains. Alors il nous dit avoir vomi, une nuit, sans souffrance, un gros caillot de sang… que les uns disent venir des bronches, les autres du poumon.

Il s'interrompt un moment, puis reprend: «Ah! l'imagination de la peur… celle-là, je l'ai, oui, je l'ai… C'est malheureux, ajoute-t-il sur un ton léger, que cela ne puisse servir dans les romans. Je suis arrêté en plein… je ne puis plus travailler… et il me prend des grippes pour celui-ci… mais ça passera… des grippes pour celui-là… ça, ça passera encore,»—fait-il ironiquement et désespérément, en manière de refrain.

Il est inquiet, ne tient pas en place, éprouve, comme une fatigue lorsqu'on lui parle trop longtemps. Je descends avec lui, et le mets en voiture, pour aller chez Potain, dont il doit avoir une consultation dans la soirée.

* * * * *

————Le je m'en fous intellectuel de l'opinion de tout le monde: c'est la bravoure la plus rare que j'aie encore rencontrée, et ce n'est absolument qu'avec ce don, qu'on peut faire des œuvres originales.

* * * * *

————C'est fabuleux ce que demande, dans ce moment, le ministère des Beaux-Arts aux peintres, chargés de commandes pour le Panthéon. On a très sérieusement tâté un peintre chargé de peindre un épisode de la vie de la Vierge, pour tâcher d'obtenir de lui, qu'il n'introduisît pas la Vierge dans son tableau.

* * * * *