* * * * *
Vendredi 11 février.—A dîner chez Charpentier, Rochefort disait, ce soir, qu'il gagnait 100 000 francs par an, et qu'il n'était ni coureur de femmes, ni buveur, ni joueur, et qu'il dépensait à peine une dizaine de mille francs en tableaux, qu'il ne savait pas où cet argent passait, et qu'il n'avait pas de quoi se mettre sur le dos… avouant un gigantesque coulage dans sa maison.
* * * * *
Vendredi 11 février.—Je vis tellement calfeutré dans mon cabinet de travail, que lorsque j'en sors, l'air de Paris me fatigue comme un air de campagne, et me rend incapable de travailler le soir.
* * * * *
Samedi 12 février.—Reprise de notre ancien dîner des Cinq. On dit beaucoup de bien de Huysmans, de son roman EN MÉNAGE. A propos de la colique du mari trompé, l'un de nous dit assez plaisamment: «Oui, une colique là, c'est bien… mais il ne fallait pas une colique bourgeoise… il fallait une foire… une foire homérique!»
* * * * *
Dimanche 13 février.—Une coincidence curieuse. J'avais construit, dans mon roman (LA FAUSTIN) un homme de bourse, auquel j'avais donné le nom de Jacqmin, un nom pris dans un catalogue de vente du XVIIIe siècle, le nom d'un joaillier du roi Louis XV. Aujourd'hui, M. Poisson, un aimable agent de change, prié par moi d'entendre la lecture de ce morceau, pour y relever les bourdes qu'y pouvait commettre un homme, aussi peu familier avec les choses de Bourse que moi, me dit quand j'ai fini:
—Et vous lui donnez son vrai nom!
—Comment?