Mardi 3 mai.—Phrase typique pour la peinture d'un temps, dite par Talleyrand à M. Thiers, et répétée, ce soir, à notre dîner par Bardoux: «Celui qui n'a pas vécu, pendant les vingt années qui ont précédé la révolution, n'a pas connu la douceur de vivre!».
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Mercredi 4 mai.—C'est bien restreint le nombre des femmes, qui ne méritent pas d'être enfermées dans une maison de fous.
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Dimanche 15 mai.—Je suis un auteur d'une tout autre école, et cependant les auteurs que je préfère parmi les modernes ce sont Henri Heine et Poë. Nous tous, je nous trouve commis voyageurs, à côté de ces deux imaginations.
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————C'est curieux, ces aquarelles de Gustave Moreau, ces aquarelles d'orfèvre-poète, qui semblent lavées avec le rutilement des trésors des MILLE ET UNE NUITS.
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————Un joli détail sur la baronne de K… Une nocturne que cette femme, une lampe, ainsi qu'on disait, au XVIIIe siècle, et qui passait une partie de sa journée à dormir. Mais pour ne pas être dérangée dans son sommeil par des importuns, elle allait dormir chez des connaissances. C'est ainsi que, pendant qu'un de mes amis était à la Bourse, elle venait coucher sur son divan, et le maître de l'appartement s'apercevait de sa visite à deux perroquets de porcelaine de Chine, qu'elle avait retournés, disant qu'ils lui rappelaient son grand-père.
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