Lagrenée. L'état des tableaux faits par Lagrenée l'aîné, le journal sur lequel il les notait, au fur et à mesure de leur composition, en y joignant les prix de vente et les noms des acquéreurs: journal que j'ai donné intégralement dans ma seconde édition des «Portraits intimes du xviiie siècle».
Mme Lebrun. «Précis historique de la vie de la citoyenne Lebrun, peintre, par le citoyen Lebrun. An deuxième de la République une et indivisible.» Rare brochure de la Révolution où le mari venge sa femme des calomnies courant le monde, et affirme que le portrait du ministre Calonne n'a été payé que 3,600 livres en billets de la Caisse d'escompte, renfermés dans une tabatière, qui valait au plus 1,200 livres.
Les Mémoires de Mme Vigée-Lebrun, publiés en 1835, ont eu un teinturier, mais ils ont été mis seulement en bon français, d'après des notes vraiment rédigées par l'artiste, et, à ce sujet, je suis heureux de donner une lettre inédite que je possède, et qui nous montre Mme Lebrun s'entretenant, en 1825, avec Aimé Martin, de la composition de ces mémoires:
Ce 23 novembre 1825.
Enfin, mon bien bon, j'ai commencé ce que vous m'aviez tant redemandé depuis plusieurs années. Vous savez combien j'ai d'aversion pour faire ce que vous appelez mes mémoires. Car il faut bien, malgré tous les événements dont j'ai été spectatrice, que je parle de moi. Ce moi est si ennuyeux pour les autres que, vrai sous ce rapport, j'y avais renoncé; mais M. de Gasperini, qui comme vous m'a pressé de les écrire, m'y a déterminé en me disant: «Eh bien, Madame, si vous ne les faites pas vous même, on les fera après vous, et Dieu sait comme on les écrira!» J'ai compris cette raison, ayant été souvent si méconnue, si calomniée, et je me suis décidée, depuis quelques mois, à noter ce dont je me rappelle dans tous les temps, dans tous les lieux. Vous n'y trouverez ni styl (sic)[67] ni phrases, ni périodes. Je trace seulement les faits avec simplicité et vérité, comme on écrit une lettre à son amie.
Vous avez déjà très bien exposé, dans votre notice, quelques principaux événements de ma vie. On a pu croire par le beau côté que j'ai été la femme la plus heureuse. Eh bien, mon ami, ces hommages, ces distinctions si honorables, si flatteuses, ont été traversés par des peines bien cruelles, causées par ce qui m'était le plus proche et le plus cher! Aussi c'est ce qui m'a souvent fait penser qu'il ne faut envier le sort de personne, même de ceux que l'on croit les plus heureux. Je ne mets pas au rang de ces peines de cœur, les traits envenimés de la calomnie qui m'a toujours poursuivie. Je les ai dédaignés parce qu'ils n'étaient dictés que par des gens qui ne m'avaient jamais connue. Malgré l'intérêt que je porterai sur les événements remarquables, que ma position dans le monde m'a mis à même de voir de près, ainsi que les personnages les plus distingués de l'Europe que j'ai bien connus, je crains que mes mémoires ne paraissent fades en comparaison de tous ceux que l'on fait aujourd'hui. Vous saurés que je loge à présent, rue Neuve-des-Capucines, no 9.
Donnez-moi de vos nouvelles et de celles de votre chère et aimable compagne.
Venez me voir en attendant que je plante la crémaière (sic) qui sera lorsque je serai tout à fait arranjée (sic).
Je suis toujours les samedis soirs, mais en très petit comité.»
Le Clerc. Un mémoire de ce peintre adressé à François de Neufchateau, le 21 fructidor an VI, et dans lequel il demande la place de professeur à la cinquième école centrale de la Seine, nous donne un petit morceau de la biographie de cet artiste qui n'en a pas: