[71] La fabrication des objets de laque, appelés au Japon Jidaimono, interrompue par les guerres civiles de 664 à 910, reprit avec éclat de 910 à 1650. Les Japonais des hautes classes se montrèrent toujours très jaloux de la possession de ces produits, et seuls, les princes de Kaga et d'Oji avaient le droit de donner des coupes à saki. Les Hollandais, les membres de la factorie de Dezima qui, à titre de cadeaux, reçurent quelques laques, n'en reçurent que de seconde qualité, et quand par hasard un laque de première qualité leur était offert à vendre, il l'était à des prix inabordables. Écoutons Thunberg: «On voulut ici vendre à l'ambassadeur un petit meuble garni de plusieurs tiroirs, haut d'un quart d'aune et large d'une demie, en vieux laque bien supérieur à celui qu'on fait aujourd'hui (1776) tant pour le vernis que pour l'uni des fleurs, qui étaient bien relevées en bosse. Mais le prix était aussi bien différent, il nous parut même exorbitant. On ne voulait pas le donner à moins de soixante-dix kobans ou quatre cent vingt rixdales.» En dépit de la cherté et de la prohibition de sortie des laques, quelques-uns cependant étaient parvenus en Europe, et n'est-ce pas curieux d'en trouver un dans l'inventaire de Molière?

[72] Ils sont conservés au Louvre, et sont décrits dans l'inventaire des effets curieux qui sont déposés dans la maison des citoyens Daguerre et Lignereux, marchands bijoutiers, rue Saint-Honoré, 85, par les ordres de la ci-devant reine, le 10 octobre 1789,... inventaire que vient de publier M. Charles Éphrussi.

[73] Catalogue de la collection chinoise... composant le cabinet de M. Sallé, avril 1826.

[74] M. Humbert fait la remarque qu'on ne trouve pas, pour ainsi dire, d'objets parfaitement quadrangulaires, que l'ouvrier japonais a horreur de l'angle aigu, et qu'il le rabat et l'arrondit presque toujours.

[75] C'est la description exacte que M. Humbert en donne dans son livre du Japon illustré.

[76] Je citerai encore, comme superbe échantillon de laque moderne, une grande boîte en laque noir portant sur son couvercle deux moineaux sculptés en ivoire colorié, et où la sculpture, râpée par place, joue le plumetis et le duvet de l'oiseau. Le pourtour, très original, imite l'assemblage d'une série de bambous de tons et de tigrages divers.

[77] Les Japonaises se servent de brosses à dents fabriquées avec un arbuste que Thunberg appelle lindera et dont le bois tendre n'écorche pas les gencives. Ces brosses à dents ont l'apparence des morceaux de bois de réglisse mâchés par les enfants.

[78] L'or dont les Japonais se fardent les lèvres, n'est purpurin qu'à la condition d'être mouillé: aussi voit-on les coquettes de là-bas se passer, à tout instant, la langue sur les lèvres!

[79] Le cordon lâche et flottant qui passe dans les rainures pratiquées aux deux côtés de la boîte, et qui est terminé généralement par un netské, quelquefois par une boule d'ambre, quelquefois par un disque d'émail cloisonné, est orné d'un coulant de matières diverses, mais très souvent fait d'argent bruni avec niellures d'or. Dans ces coulants, on trouve des modèles de bijouterie exquise, entre autres de petites feuilles chiffonnées et recroquevillées se contournant autour de la soie, de la manière la plus naturelle.

[80] Les compartiments vont de trois à sept et même à plus. Les boîtes qui n'ont qu'une ouverture au milieu, et qui ont l'apparence de boîtes à médecine, sont en général des boîtes à cachet. J'en possède une, où sous le tiroir du cachet se trouve encore du rouge d'impression.