«Angélique-Marguerite Ducoudray, pensionnée et envoyée par le Roy pour enseigner l'art des accouchements dans tout le royaume.»—Gravée par Robert.—Une corpulente matrone, dont le bonnet forme comme deux évents autour de sa face réjouie, et qui a entre les seins un bouquet qui est tout un arbuste.
Mademoiselle du T*** (Mlle Duthé).—Peinte par Lemoine, gravée par Janinet, en 1779.—L'impure, aux harnais de marcassite, est représentée dans la charmante impression en couleur, accoudée à sa toilette, un bouquet de roses dans une main, une lettre ouverte dans l'autre, et tout habillée de tulle et de satin bleu de ciel. Le peintre l'a peinte de manière que son joli minois minaudier, qu'on voit de trois quarts, soit reproduit de profil par la glace de la toilette, en sorte que l'on a deux fois le portrait de la courtisane illustre.
Madame Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme.—Peinte par Nattier en 1750 sous l'allégorie de la Terre, gravée par Balechou.—La première fille de Louis XV, celle qui lui ressemblait davantage, celle qu'il aimait le plus, est représentée avec ses durs yeux noirs, son petit nez carré, sa mâchoire lourde, en déesse de la Terre, un coude sur une sphère, une main perdue dans des fleurs et des fruits.
F. B. G. Joly de Fleury, marquise d'Estampes.—Dessinée par Fouquet, gravée par Chrétien, inventeur du physionotrace, 1790.—Une vieille femme poudrée, aux traits énergiques, le cou et les épaules enveloppés d'un grand fichu blanc. Un des rares portraits, parmi les centaines de portraits de Chrétien, qui porte le nom du personnage en haut du médaillon.
Madame la marquise de la Ferté-Imbault.—Dessinée par Quenedey, avec le physionotrace. C. 85.—L'enjouée Souveraine de l'Ordre incomparable des Lanturelus, protectrice de tous les lampons, lampones, lamponets, cette femme qui «parlait comme un livre composé par un homme ivre» et dont Mme Geoffrin était aussi étonnée d'être la mère qu'une poule qui aurait couvé un œuf de cane, a dans son portrait une grande figure louis-quatorzienne, surmontée d'une haute coiffure ébouriffée qui rappelle la perruque du grand roi.
Stéphanie-Félicité Ducrest, marquise de Sillery, ci-devant Csse de Genlis, gouvernante des enfants de S. A. S. Monseigr le duc d'Orléans.—Peinte par Miris, gravée par Copia; réduction d'un plus grand portrait gravé en Angleterre.—On la voit, un élégant chapeau de paille garni de gaze en pouf sur ses cheveux poudrés, assise à un petit bureau tout chargé de papiers, et écrivant ses «Annales de Vertu» sur une feuille que recouvre à demi son «Théâtre d'Éducation». Mais où l'on se fait une meilleure idée de la tourmente mauvaise de ses petits traits de travers dans leur court ovale, de la fausseté, je dirai même de la coquinerie de sa physionomie, c'est dans un portrait gravé à Londres, par Meyer, en 1819, où elle semble coiffée des noirs tortils de serpents d'une tête de Méduse, sous un turban révolutionnaire à la façon d'une coiffure de Théroigne, un jour de prise des Tuileries.
Madame Geoffrin, «née le 2 juin 1699, morte à Paris le 6 octobre 1777.»—Gravée par Miger.—Un vrai portrait de femme affichant bravement la vieillesse et se donnant à voir avec ses rides, le décharnement de ses traits, le rentrant d'une bouche démeublée, et tout simplement vêtue d'un manteau de lit, mais cela dans l'emmitouflement de ce beau linge, le linge le plus uni et le plus fin, qu'admirait un jour Diderot à un piquet au Grandval, et qui était le luxe de la vieille femme, portant, depuis des années, des robes gris de fer.
Madame de Grafigny.—Gravée par Levêque.—De grands, de gros et d'assez bêtes traits disent que l'auteur des «Lettres péruviennes» n'a jamais été jolie, et que tous les aimables portraits, à l'huile, au pastel, au crayon, sans attribution, et dont les catalogues de vente font des Grafigny, ne sont point le portrait de la portraitiste de Voltaire en déshabillé.
«La Philosophie endormie.» (Portrait de madame Greuze.)—Dessinée par Greuze, gravée par Aliamet.—La facile épouse, dont les nombreuses fragilités sont racontées tout au long dans un mémoire du mari, est représentée sommeillante sur un oreiller jeté sur le dossier d'un fauteuil, un battant l'œil sur la tête, un gilet à grandes basques, déboutonné à la gorge, un carlin posé sur les genoux, une main lâche tombante sur un livre entr'ouvert. Elle dort, la molle Babuty, au milieu des étoffes affaissées; elle dort comme pourrait dormir la Volupté. Et ses yeux, cette fois éveillés, ses yeux à l'hypocrisie angélique d'une Cécile de Volange, sa bouche humide, son petit nez éveillé, Massard nous les fait voir dans une autre estampe, la délicieuse petite estampe de la tête de «la Dame de Charité».
Élisabeth-Philippine-Marie-Hélène de France, «née à Versailles le 3 may 1764 et morte à Paris le 10 may 1794».—Gravée d'après le tableau de Mme Guyard, du cabinet de M. de Francheville.—Madame Élisabeth, la sœur de Louis XVI, la pieuse princesse, sous une haute coiffure que surmonte un pouf aux grandes plumes, la poitrine battue, masquée de larges dentelles, a une douce figure bourbonienne, aux yeux tout remplis de bonté.