Madame Marie-Henriette de France.—Peinte par Nattier sous l'allégorie du Feu en 1750, gravée par Tardieu.—La seconde fille de Louis XV, née jumelle, et morte fille à Versailles, le 10 février 1752, dans la composition allégorique de Nattier, se montre accoudée à un autel allumé, sa sérieuse figure appuyée sur une main, pendant que l'autre est posée sur un grand volume fleurdelisé dont le titre porte: «Histoire des Vestales.»
Marie-Josèphe de Saxe, Dauphine de France, née à Dresde, le 4 novembre 1731.—Peinte par La Tour, gravée par Aubert.—La princesse tient à la main un livre ouvert, dans une riche et sobre toilette, sous un sévère bonnet de vieille. On la voit en sa jeunesse sérieuse, et avec sa large figure, dont nous retrouvons le gros nez et les bajoues dans le portrait peint par Klein et gravé par Wille père.
Marie-Thérèse-Louise de Savoie-Carignan, princesse de Lamballe, «née à Turin en 1749 et massacrée à Paris, le 3 septembre 1792».—Dessinée par Danloux en 1791, gravée en couleur par Ruotte.—Je ne mets pas en doute que ce portrait ne soit une affreuse calomnie, mais vraiment la princesse de Lamballe était-elle aussi jolie que je l'ai peinte moi-même dans mon «Histoire de Marie-Antoinette»? Il y a dans ce portrait de Danloux un tout petit œil et un très gros nez savoisien, qui, je le veux bien, peuvent être exagérés, mais devaient avoir un rien de réalité. Moi qui ne crois pas du tout à la délicieuse fantaisie de Gabriel, gravée par Porreau, à ce portrait dessiné, quatre heures avant la mort de la princesse, je serais maintenant disposé à croire que la beauté de la malheureuse femme était toute, ainsi que le donne à entendre Mme Lebrun, dans la clarté de son teint éblouissant et dans l'abondance de ses cheveux blonds.
Marguerite-Élisabeth de Largillière, fille de Nicolas de Largillière, directeur et recteur et chancelier de l'Académie royale de peinture et de sculpture.—Peinte par de Largillière, gravée par Wille père.—La fille du peintre est dans une de ces draperies aux beaux plis cassés dont son père a l'habitude de faire des robes à ses femmes; et sa petite tête coiffée de tortillons œil de queue de paon, et au milieu desquels se joue une perle baroque, apparaît jeune et dure ainsi qu'une étroite tête d'impératrice romaine de la décadence.
Sophie V. La Roche.—Portrait dessiné sans conteste par Carmontelle.—Petit profil qui se dessine en ombre chinoise sur un médaillon blanc entouré de lauriers et de fleurs. C'est un portrait qui doit avoir été fait par le lecteur du duc d'Orléans, en ces années où il s'était enamouré de lanterne magique, dont il donnait des représentations au Palais-Royal avec des verres dessinés par lui.
Mademoiselle Lavergne, nièce de Liotard.—Peinte par Liotard, gravée par Daullé et Ravenet.—Un des plus rares portraits de femme et du plus grand format. Les cheveux noués au haut de la tête par un ruban, un cordon de cou auquel est attaché un petit crucifix, un corsage brodé de grandes fleurs, à l'échancrure en triangle lacée, ainsi qu'en un corsage de Suissesse, la belle jeune fille lit de ses grands yeux baissés une lettre qu'elle tient des deux mains.
Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun, de l'Académie royale de peinture.—Peinte par Mme Vigée-Lebrun, gravée à Stuttgart par Muller.—Mme Lebrun s'est peinte coiffée d'un chapeau de paille surmonté d'une grande plume appelée follette, habillée d'un peignoir sur lequel s'éparpille le tuyautage d'un fichu de linge, et qu'entoure à demi dénoué un mantelet noir. Elle tient de la main droite sa palette, et dans l'élégant maniérisme de sa pose, et de sa grâce un peu anémique, elle regarde le public avec ses yeux clairs et limpides d'enfant.
Marguerite Le Comte, des Académies de peinture et de belles-lettres de Rome, de Bologne, de Florence.—Dessinée par Watelet, gravée par Lempereur.—La maîtresse de Watelet, la meunière du Moulin-Joli, avec son nez pointu, ses traits sans distinction, son air un peu campagnard, n'a rien en elle qui explique la vive et longue passion de l'ancien fermier général. Elle est peut-être mieux dans un autre portrait dessiné par Cochin, et où l'amant-graveur, avec une pointe amoureuse, a rendu le frisotis de ses cheveux, le sourire de son œil et les fanfreluches d'une échelle de rubans sur sa poitrine.
La maison de Marguerite le Comte, meunière du Moulin-Joli, gravée par Watelet, a eu plusieurs fois les honneurs de la gravure, et l'abbé de Saint-Non a fait de la pittoresque habitation un cahier de six eaux-fortes qu'il a intitulé: «Varie vedute del gentile mulino disegnate d'appresso natura dal principe ed intagliate dal abbate di Sannone. Dedicate al amabile e leggiadra Mulinaia 1755.
Marie (Leckzinska), princesse de Pologne et de Navarre.—Peinte par Nattier, gravée par Tardieu.—C'est la grande et magnifique planche, où la Reine est peinte, selon sa volonté, «en négligé», sans décolletage et avec sa coiffure d'habitude appelée un papillon noir, et qui était en général la coiffure des veuves. De dessus un rideau attaché aux colonnes d'un palais, Marie Leckzinska se détache avec sa bonne et vertueuse figure, au milieu de flots de dentelles et de noirs épis, que font dans les fourrures les lourdeurs des brocarts de son royal négligé.