Mais où vous vous rendrez mieux compte du charme enjoué de sa figure, c'est dans la gravure de Petit, d'après le pastel du Louvre qui représente la Reine tenant un éventail fermé, le plus fort, selon moi, de tous les pastels de La Tour, et bien supérieur à celui de Mme de Pompadour.

Elle n'est plus, hélas! O Regrets! ô Tristesse! (Portrait de Mme Ledaulceur.)—Sans nom de dessinateur ni de graveur.—La spirituelle graveuse à l'eau-forte, en un œil-de-bœuf enfermant dans un pli de rideau une tige de rose, montre sa mine rondelette aux yeux noirs.

Madame Legros.-Dessinée par Pujos, gravée par Clément.—La protectrice de Latude, une interminable, sèche et noirâtre vieille femme qui a l'air de «Madame J'ordonne».

Geneve-Élizth Visinier, vve de Jean-Baptiste-René Le Long, maître ordinaire en la chambre des Comptes du Roi.—Dessinée par de Bondy, gravée par Miger en 1774.—Le plus laid et le plus ratatiné portrait de femme qui se puisse voir, mais dont le poète de l'image dit:

Des Fleurs de la gaieté sa Raison embellie

Intéresse le Cœur en amusant l'Esprit.

«Catherine Tapperaist Vve Lescombat, âgée d'environ 28 ans. Dessinée d'après nature dans son déshabillé, par F. Dalberati, peintre italien, pendant son séjour en la prison de la Conciergerie du Palais à Paris, au mois de may 1755. Gravé d'après le dessin original de même grandeur.» La femme qui a fait assassiner son mari par son amant, la galante à l'œil noir, à la peau d'un blanc à éblouir, le peintre italien la donne à voir essayant sur sa main, avec toutes sortes de coquetteries insouciantes, le bonnet de l'enfant dont elle est grosse, et auquel elle doit le prolongement de ses jours.

«Tendre, sensible, heureuse mère...» Portrait de Mme Letine, belle-mère de M. de la Live, attribution du catalogue d'Augustin de Saint-Aubin, qui dit ce portrait gravé, en 1765, par M. de la Live et Saint-Aubin.—Peinte par Bernard, gravée par La Live.—Une eau-forte qui est l'idéal de la gravure de femme, et qui vous fait regretter qu'il n'y ait qu'un portrait de femme du dix-huitième siècle ainsi exécuté, et encore un portrait de vieille femme. Le gras modelage des traits replets dans le doux pointillé, et le joli chiffonnage des dentelles, et le bel hérissement des fourrures, et la liberté et la légèreté et l'esprit de cette claire image, autour de laquelle court un encadrement de fleurs, largement croqué à la pointe! Je n'ai pas besoin de dire aux gens, qui ont la moindre connaissance des estampes du temps, que cette eau-forte est d'un bout à l'autre d'Augustin de Saint-Aubin qui en a fait cadeau à son riche élève, de Saint-Aubin dont, un jour ou l'autre, une loupe entêtée retrouvera la signature discrète en quelque coin, sous quelque pétale de fleur.

«Mes yeux dans ce portrait admirent le pinceau.» Portrait de Mlle de Loiserolle.—Peinte par Aved, gravée par Balechou.—La belle-sœur d'Aved, brune et hommasse comme sa sœur, file au rouet, dans une opulente robe blanche, un chapeau de paille doublé de soie, aux immenses bords retroussés, posé sur ses cheveux poudrés.

«Alexine Fatio, veuve de M. le Sindic Pierre Lullin, née le 28 janvier 1659 (vieux style), morte le 14 novembre 1762 (nouv. style), dessinée d'après nature par M. J. E. Liotard en avril 1762 et gravée par un de ses arrière-petits-neveux en Janvr 1763.» Un portrait de centenaire aux traits écroulés, dans un bonnet de la campagne, une espèce de limousine sur les épaules, une bavette sur l'estomac.