Catherine de Seine, épouse du Sr Dufresne.—Peinte par Aved, gravée par Lépicié.—La seule actrice dont Mlle Clairon ait fait l'éloge sans restriction, est représentée avec ses beaux yeux, ses traits médiocres, le noble et vrai abandon de tout son être dans le rôle de Didon, montrant au public un sein percé et sanglant.
Mademoiselle Contat, de la Comédie-Française, jouant le rôle de Suzanne dans le «Mariage de Figaro».—Dessinée par Desrais, gravée par Dupin fils.—La grande coquette qui a porté sur la scène la femme du grand monde, la comédienne qui a eu une manière à elle sans imiter personne, la présidente du foyer du Théâtre-Français pendant toute la fin du dix-huitième siècle, la femme aussi jolie qu'il est possible de l'être, nous est donnée dans ce portrait, dont elle nomma le bonnet, avec quelque chose d'une rude et joyeuse commère, qui ne peut être ni le visage ni la physionomie de celle dont M. de Narbonne et M. de Talleyrand faisaient leur société[32].
Marie-Anne Botot Dangeville, comédienne françoise.—Peinte par Pougin de Saint-Aubin.—La soubrette à la physionomie piquante, raillarde, étrange, et qui, dans une préparation de La Tour, ressemble à une Joconde du ruisseau, la comédienne dont la retraite inspira le tableau de Thalie éplorée, est dessinée en manteau volant, sous une coiffure plate ornée de fleurettes, dans un médaillon au bas duquel, une marotte de fou fait pendant à un flambeau d'amour.
«Portrait de Mlle d'Oligny.»—Peinte par Vanloo, gravée par Huber d'Augsbourg.—La comédienne qui joua d'original le rôle de Rosine du «Barbier de Séville», et dont l'épigraphe de son portrait est: «La Pudeur fut toujours la première des Grâces», Mlle d'Oligny est représentée toute riante du sourire d'une bouche innocente et de la malice d'yeux ingénus, et joliment enguirlandée de rameaux de lierre en passementerie dans les cheveux, au bord de la peau de son corsage, sur ses manches, et qui l'entourent de leurs légères et volantes déchiquetures. C'est un des plus charmants portraits d'actrice avec son médaillon tranquille sur un fond plat, d'où se détache en haut, comme l'écusson en bosse d'un cadre, un masque comique entre un rameau de laurier et une branche de roses.
Mademoiselle Angélique Drouin, femme du Sr Préville, comédienne françoise, a débuté en décembre 1753 et reçue en janvier 1757.—Peinte par Colson, gravée par Michel.—Des traits un peu vieillots, mais espiègles, un sourire avenant qui fait de jolis petits creux dans sa joue, telle est la physionomie de la grande coquette.
Une autre estampe, dessinée par Simonet, gravée par Devaux, donne en pied Angélique Drouin dans la comédie de «l'Écossaise,» où elle transporte, sur la scène française, les aériennes modes de l'Angleterre du dix-huitième siècle et le délicieux petit chapeau rustique à la Clarisse.
Alexandrine Fanier, née à Cambrai, reçue à la Comédie-Française en 1766.—Dessinée par Moreau le jeune en 1773, gravée par Saugrain.—Des cheveux où serpente un liseron, et dont un flot tombe dépeigné sur l'épaule, des yeux noirs d'une vivacité extrême, une bouche sarcastique, et l'adorable petit nez retroussé qu'a chanté Dorat, sont les traits de la soubrette dont les grands succès furent: le «Dissipateur» et le «Préjugé vaincu».
Marie-Élisabeth Joly, du Théâtre-Français, morte à Paris en l'an VI, âgée de trente-sept ans.—Dessinée par M***, gravée par Langlois.—Peu jolie, mais douée d'une figure expressive et relevée de petits grains de beauté, la première des servantes de Molière est pleurée au bas de l'estampe par ces deux vers de Lebrun:
Éteinte dans sa fleur, cette actrice accomplie,
Pour la première fois a fait pleurer Thalie.