Il en a été absolument de même de l’importation de la graine japonaise, à laquelle on a eu recours bien après les contrées séricicoles de l’Europe.
Le soin important de relever la sériciculture, seule ressource du pays, était abandonné à l’initiative exclusive du commerce, bien que la question touchât les intérêts du Trésor d’une façon on ne peut plus directe.
C’est ainsi que l’industrie de la soie entrée dans une période de décroissance s’y est maintenue.
Les graines japonaises introduites au moyen de faibles ressources dues à l’initiative privée, étant élevées parallèlement avec l’espèce indigène, finirent naturellement par s’infecter à leur tour. Il fallait recourir chaque année à de nouvelles importations. Le pays a fini par y renoncer et aujourd’hui sur 100 grainages (reproduction locale), il s’en trouve à peine 6 de complètement sains, les 95 autres étant infectés à des degrés différents.
Dans ces conditions l’élevage du ver à soie ne peut plus offrir au paysan les résultats d’un travail rémunérateur. Il est vrai aussi que pour peu que ce résultat soit seulement médiocre — (10 à 12 kilogs de cocons à l’once de la graine), — l’éducateur turc est satisfait, chose qui ne peut être en France, et la raison en est, non seulement dans la différence du coût de la main-d’œuvre ou du prix de la feuille nécessaire aux vers, mais bien et surtout dans le genre de l’éducation.
En effet, à côté de certains points bien défectueux, sans doute, si l’on considère les perfectionnements apportés à l’éducation des vers à soie par le système Pasteur, la culture orientale, très peu connue du reste en France, possède sur celle adoptée dans ce dernier pays deux avantages très grands :
Elle se fait incontestablement à meilleur marché et présente certaines conditions d’hygiène qui font peut-être défaut dans le système français.
L’élevage à la manière orientale, beaucoup plus pratique, a lieu avec un personnel bien moindre que celui exigé pour l’éducation des vers à soie d’après la méthode française : cela provient de ce que l’usage des claies est inconnu à Brousse et qu’on a l’habitude de donner la feuille sans la détacher de la tige, c’est-à-dire avec le bois.
Il s’ensuit une grande économie de temps et un avantage précieux au point de vue hygiénique, avantage auquel les meilleurs délitages, comme cela se pratique en France, ne peuvent suppléer.
On sert aux vers à soie les branches de mûriers, en ayant soin de placer celles-ci une fois dans un sens et une autre fois dans un autre ; de sorte que lorsque les feuilles ont été mangées, les tiges de bois ainsi disposées les unes sur les autres forment un grillage naturel à travers lequel l’air circule parfaitement.