Tout délitage devient superflu de cette façon ; et au contraire, plus l’amoncellement des tiges augmente, plus le lit s’élève et par conséquent l’air y circule mieux.
Le système oriental exigerait peut-être des locaux plus spacieux que ceux des magnaneries de France ; en tous cas, il simplifie d’une façon sérieuse l’opération séricicole en supprimant de la méthode française : 1o l’usage des claies ; 2o le travail du défeuillage, c’est-à-dire, la séparation de la feuille avec la tige ; 3o les délitages : trois opérations qui exigent également une main-d’œuvre onéreuse et absorbent un temps considérable.
Le chauffage des magnaneries n’est pas pratiqué non plus en Orient, étant la plupart du temps impossible. La marche des éducations reste donc subordonnée à la température naturelle qui joue le plus grand rôle dans la production des cocons. En effet, comme le résultat de l’élevage d’une graine infectée fait en 30 ou 40 jours est bien différent de celui qui est prolongé à 50 et 60 jours, on comprend qu’une année à température régulière favorise la production, tandis qu’une année exceptionnellement froide voit les éducations durer deux mois et plus. Dans ce dernier cas, la maladie ayant plus de temps pour se propager et agir, la production s’en ressent très sensiblement. La suppression du chauffage des magnaneries, qui est à Brousse une mesure forcée d’économie, compromet donc le succès des éducations plutôt qu’elle ne les favorise, étant donné l’état d’infection presque général des graines élevées dans le pays.
Ces graines se composent en très grande partie de races japonaises produisant les huit dixièmes des cocons qui passent aujourd’hui par les marchés de Brousse.
Les belles races du pays, en cocons blancs, n’existent plus que dans quelques régions élevées du vilayet.
La plus belle espèce de cocons indigènes qui se soit conservée jusqu’à ces dernières années est celle de Bagdad. Ce sont de beaux cocons blancs qui obtiennent toujours sur place les prix les plus élevés. Il y a environ six ans que ce pays a envoyé pour la dernière fois quelques parties de graines saines ; depuis, la source semble en être complètement épuisée. On ne voit plus, sur place, de ce produit que quelques récoltes de plus en plus rares chaque année.
Une autre espèce de cocons indigènes qui se trouve absolument dans les mêmes conditions est celle des cocons jaunes. La graine en est importée des environs de Salonique.
La Géorgie fournit également, depuis plusieurs années, une sorte de graine à gros cocons blancs ou jaunes, mais de qualité fort inférieure.
Dans le but d’éviter un insuccès complet, les éducateurs du vilayet de Hudavendighiar élèvent presque généralement de toutes ces diverses races à la fois, et malheureusement en quantités plus grandes que ne peut de beaucoup contenir le local en cas de marche ordinaire.
Outre les graves inconvénients qui résultent de ce dernier procédé à plusieurs points de vue techniques, il entraîne un emploi de semence qui représente, sans exagération, le décuple de la quantité nécessaire dans l’état normal des choses.