Il faut observer que dans les prix cités ci-dessus, nous avons compris les frais de transport d’Ouchak à Alascheir et d’Alascheir à Smyrne, ainsi que les droits de douane à la sortie à Smyrne. De telle sorte que les prix du mètre carré donnés dans le détail des diverses qualités s’appliquent à la marchandise rendue franco, à Smyrne, à bord des vapeurs. Il faut en plus tenir compte d’un supplément de dix francs par balle pour frais d’emballage, droits de quai, portefaix, embarquement, etc.
Le nolis de Smyrne à Marseille est de quatorze francs les cent kilogs, environ un et demi pour cent sur la valeur.
Ouchak consomme annuellement 600,000 kilogrammes de laine brute qui donnent 50 % de laines filées. La production annuelle des tapis de haute laine d’Ouchak a considérablement augmenté depuis quelques années et elle atteint actuellement environ 160 à 180,000 pics carrés dont 4,000 seulement sont expédiés en Turquie et en Égypte, et 100,000 sont exportés à l’étranger : la Grande-Bretagne en reçoit 53,000, la France 22,000 et les États-Unis d’Amérique 16,000.
Cette industrie rapporte donc actuellement par an à Ouchak une somme d’environ dix-huit cent mille francs à deux millions.
Les Turcs n’ont point d’école dans les arts ; ils n’ont fait qu’imiter l’école persane, qui dérive elle-même de l’école arabe.
Les dessins des tapis turcs sont un mélange d’arabesques, de médaillons et de rosaces.
Les plus usités sont :
Le tapis à médaillon au milieu, jolie bordure, fond rouge uni ;
Le même dessin à fond rouge moucheté ;
Le tapis à dessins ramages, à très petits médaillons, fond rempli ;