Si l’on ajoute à ces observations que le propriétaire n’a pas de privilège sur les objets mobiliers garnissant la ferme donnée en location ; que pour les termes de fermages arriérés ils sont assimilés aux créanciers ordinaires ; que néanmoins, eu égard au manque de population, le chiffre des fermiers étant très restreint, les propriétaires sont dans la nécessité d’offrir de grandes facilités pour l’acquit des fermages ; que d’ailleurs les frais énormes qu’entraînent en Turquie les poursuites judiciaires, et surtout la lenteur de la procédure, absorbent en général une grande partie du capital en litige, — on comprendra facilement que l’agriculture est loin encore de rapporter tout ce que l’on serait en droit d’attendre d’une terre aussi riche et aussi fertile.

L’administration locale a cependant témoigné un moment de quelques velléités d’encourager l’agriculture en favorisant le crédit aux cultivateurs. On a créé à Brousse un établissement qui porte le nom pompeux de Menafi-Sandeghi, c’est-à-dire Magasins généraux. Cet établissement institué pour favoriser spécialement l’agriculture devait être administré, avec le concours de l’État, par un corps spécial qui n’a existé que sur le papier. Non seulement le capital dont dispose le Menafi-Sandeghi est dérisoire, mais aussi les formalités à remplir pour obtenir une bribe de crédit de cette parcelle de capital sont à ce point compliquées qu’elles en rendent l’accès à peu près impossible aux cultivateurs nécessiteux. Aussi cette institution n’a-t-elle jamais fonctionné réellement. Beaucoup même ignorent son existence.

II
LA PRODUCTION DES CÉRÉALES

Dans un rapport adressé par le consul d’Autriche-Hongrie à Brousse, en octobre 1872, au chevalier Schwegel, consul général, nous trouvons sur la production des céréales dans le vilayet de Hudavendighiar des renseignements approximatifs, — étant donné le manque absolu de statistique qui distingue l’administration turque, — et qu’il y a lieu de tenir pour à peu près exacts.

Cette production peut se répartir ainsi :

Sandjak de Brousse

Blé

2,500,000

kilés[12].
Orge

1,000,000

  —
Seigle

20,000

  —
Vesce

5,000

  —
Sésame

10,000

  —
Haricots

10,000

  —
Pois

10,000

  —

Sandjak de Kutahia.

Blé

3,300,000

kilés
Orge

1,000,000

  —
Seigle

18,000

  —
Vesce

50,000

  —
Avoine

5,000

  —

Sandjak de Kara-Hissar.

Blé

10,200,000

kilés qual. sup.
Orge

2,300,000

  —
Seigle

40,000

  —
Vesce

35,000

  —
Pois

10,000

  —
Avoine

7,000

  —

Sandjak de Karassi.

Blé

2,250,000

kilés
Orge

300,000

  —
Seigle

32,000

  —
Vesce

50,000

  —
Sésame

15,000

  —
Avoine

20,000

  —

[12] Le kilé égale environ 33 litres 148 c.

III
LE BÉTAIL

Dans le même rapport précité nous trouvons une statistique approximative du bétail qui forme une des principales richesses du vilayet.

Sandjak de Brousse.

Chevaux et juments

20,000

Bœufs et vaches

600,000

Moutons et chèvres

500,000

Chameaux

600

Sandjak de Kutahia.

Chevaux, juments et mulets

50,000

Bœufs et vaches

130,000

Moutons et chèvres

600,000

Chameau

6,000

Sandjak de Kara-Hissar.

Chevaux, juments et mulets

43,000

Bœufs et vaches

150,000

Moutons et chèvres

750,000

Chameaux

5,000

Sandjak de Karassi.

Chevaux, juments et mulets

35,000

Bœufs et vaches

200,000

Moutons et chèvres

550,000

Chameaux

3,000