A côté des travaux de réparation et de construction des routes il y a aussi, — et l’urgence en présente le même caractère, — l’amélioration du régime des rivières et des voies navigables, leur dragage, leur canalisation.
Dans le golfe de Ghemlek se déversent les eaux du lac d’Isnik, ancien lac Ascanius, sur les bords duquel était la ville de Nicée, du lac Kouch-Gueul, de la rivière d’Yeni-Cheir, du Sou-Sugurlugu, avec ses affluents le Bhyndaque et l’Ulufer.
Cette dernière rivière qui alimente toute la plaine de Brousse sur une étendue de près de 33 kilomètres pourrait facilement être canalisée et rendrait alors de précieux services pour le transport des bois du mont Olympe et du produit des mines.
S. A. Ahmed Vefyk Pacha, alors qu’il était gouverneur général du vilayet de Brousse, a, à plusieurs reprises, essayé d’entreprendre ces travaux de canalisation. Mais toujours il s’est heurté à cette barrière infranchissable que l’on appelle le manque d’argent.
Si le successeur qui vient de lui être donné possède à un degré analogue les aptitudes et les qualités innovatrices et énergiques qui distinguent Ahmed Vefyk, il est permis d’espérer qu’il finira peut-être par trouver un moyen pratique de doter son vilayet d’une route par eau sûre et commode.
III
LE CHEMIN DE FER DE MOUDANIA A BROUSSE
Cependant, contradiction étonnante, dans ce vilayet si étendu, privé de routes et de canaux, se trouve un des rares tronçons de chemin de fer qui ont été construits en Turquie d’Asie.
J’ai sous les yeux la carte des projets de chemin de fer à construire en Turquie d’Asie, carte dressée par la direction générale des Ponts-et-Chaussées de l’Empire Ottoman, en juillet 1878. Ces tracés rouges qui s’entre-croisent et vont de Scutari à Bagdad, de Jérusalem à Samsoun, de Smyrne à Erzeroum, flattent agréablement la vue et peuvent faire croire, à ceux qui ignorent le pays, qu’une grande activité a commencé ou va se produire incessamment dans cette immense étendue de territoire. Ces lignes sont admirablement comprises et pourraient, une fois exécutées, faire de la Turquie le transit et le grand marché commercial de l’Asie centrale et de l’Inde.
Malheureusement il y a loin en Turquie entre le graphique de l’ingénieur et les jalons de l’entrepreneur !
De toute cette immensité de lignes, seules celles de Smyrne à Aïdin et à Alak-Cheir, de Scutari à Ismidt sont en exploitation.