Si la Mecque est la Jérusalem de l’islamisme, Brousse est la Rome de la chrétienté, non pas au point de vue du siège de l’autorité théocratique, — siège sujet à changement chez un peuple nomade, — mais eu égard à la parfaite conservation des traditions théologiques.
Il est courant d’entendre dire dans le pays que Brousse possède autant de mosquées que l’année a de jours. De fait, on n’en a jamais opéré un dénombrement certain. Mais à voir la quantité de minarets qui émaillent la ville, comme les marguerites un champ, il se peut très bien que cette locution soit exacte, peut-être même au-dessous de la vérité, si l’on tient compte aussi des turbés ou tombeaux, et des fondations pieuses.
CHAPITRE II
LES EAUX THERMALES
Les bains de Brousse. — Une future station balnéaire. — Yeni et Eski Kaploudja. — Kara Moustapha. — Le village de Tchékirglé.
Il y a deux saisons pour les bains de Brousse : mai et septembre.
Pendant ces deux mois, Brousse voit arriver non plus seulement les étrangers de passage à Constantinople, mais aussi et surtout, l’élite de la société de Péra.
C’est un revenu annuel pour la ville d’environ 15,000 livres turques, soit près de 345,000 francs.
Ces eaux thermales, ferrugineuses et sulfureuses, ont joui de tout temps en Orient d’une réputation justement méritée. Elles s’échappent des contreforts inférieurs du mont Olympe avec des températures qui varient suivant les sources de 35 à 60 et même à 80 degrés centigrades.
YENI KAPLOUDJA
Le plus grand des bains de Brousse.