J’ai pris cette lettre et la copie de celle adressée par vous, à la date du 29 janvier 1880, à M. Edmond Turquet, député, sous-secrétaire aux Beaux-Arts, et je me suis rendu de nouveau chez la sœur L… Je lui ai d’abord donné lecture de votre lettre à M. Edmond Turquet et puis de celle que m’écrivait M. de M… Deux prélats de passage assistaient à cette lecture. La supérieure ne savait par quels termes me remercier. Je lui ai répondu que c’est à vous qu’elle devait s’adresser pour vous remercier d’une action ou plutôt de deux actions de charité qu’aucun agent ne leur a fait ou n’a pu leur faire, depuis M… jusqu’à M… qui, soit dit en passant, professaient d’autres opinions que vous. Veuillez, je vous prie, agréer… — B.

V

Brousse, le 5 août 1881.

Monsieur E… D…,

Arrivée seulement depuis quelque temps à Brousse, je n’ai pas eu l’avantage de vous connaître autrement que par les bienfaits dont vous vous plaisez à combler notre maison. C’est votre bienveillance pour nous, monsieur le consul, qui me révèle la bonté de votre cœur et qui me fait vivement désirer votre retour au milieu de nous. — Il n’y a, en effet, que quelques jours que l’estimable M. B…, gérant du vice-consulat, est venu m’annoncer l’allocation de 12,000 francs accordée par le gouvernement français pour la construction d’une infirmerie, et aujourd’hui on m’annonce l’envoi d’un précieux tableau accordé à notre église d’après vos pressantes sollicitations. — Je ne sais vraiment pas comment vous remercier pour tant de bontés. Je ne puis que m’adresser à l’auteur de tout don pour le supplier de répandre sur vous et sur tous ceux qui vous sont chers ses plus précieuses faveurs.

Je ne veux pas terminer ces lignes sans vous donner quelques détails qui intéresseront votre bon cœur. Après la réception des 12,000 francs, nous nous sommes empressées de savoir auprès de personnes entendues en constructions le meilleur emploi de ce secours providentiel. Après avoir choisi un emplacement convenable pour notre petit hôpital, l’architecte appelé nous a fait son plan, qu’il évalue à 25,000 fr. Malheureusement nous sommes loin du compte. Si monsieur le consul pouvait inspirer à quelque association humanitaire ou bien à quelques personnes bienfaisantes de venir en aide à ce qui nous manque, ce serait vraiment mettre le comble à toutes vos bontés pour notre maison, dont vous serez toujours considéré comme le principal bienfaiteur.

C’est dans l’espoir bien fondé que le Ciel voudra bien acquitter notre dette que j’ai l’honneur de me dire, monsieur le consul, votre très humble et très reconnaissante servante. — Sœur A…, Supérieure des sœurs de Charité de Brousse.

VUE GÉNÉRALE DE BROUSSE

CHAPITRE IX
EN ROUTE. — UN ACCIDENT