[XX]
IL MULTIPLIE AVEC EXCÈS LES DONS GRACIEUX DE SA PERSONNE
Dieudonat fit à la Cour une entrée sensationnelle. En voyant celui qu'on leur avait dépeint comme un sauvage, les dames eurent un petit cri de surprise, et les seigneurs firent une moue: sa taille virile et déliée, un ensemble de force et de délicatesse, son port fier mais sans morgue, ses traits purs, ses gestes dégagés, sa physionomie généreuse et franche, tout en lui exprimait l'avidité de comprendre, de vivre, le besoin d'aller, de donner, et dans ses prunelles une ardeur étrange brillait, en souvenir des jeunes feux qui venaient d'animer son sang pour la première fois.
—Or ça, dit le roi Gaïfer, est-ce là mon anachorète, et ne l'a-t-on pas changé en voyage?
—Il est mignon, dit la princesse Aude.
—Il est mieux, dit la reine Gaude.
Les demoiselles d'honneur remuaient leur honneur sur les tabourets.
—C'est celui-là qui fait de l'or à volonté?