—Il faut bien, puisque je l'aime.
—Malgré son manque de cœur?
—Ça n'a rien à voir.
—Et pourquoi, petite Aude, à cause de quoi m'aimez-vous?
—Vous le savez bien, fat, et vous voulez me le faire redire.
Elle lui prit les mains, l'attira vers elle, le fit asseoir à ses côtés, sur les coussins que, tout à l'heure, la Reine avait creusés de ses formes plus amples, et elle gazouillait:
—Parce que je te trouve joli, oh! joli, si joli! Toutes, nous te trouvons joli! Il y en a qui aiment tes yeux, il y en a qui aiment tes mains; et d'autres, c'est ta voix qu'elles adorent, et puis d'autres...
—Et la petite Aude?
—Moi, c'est ton nez, dont je raffole! Et tes cheveux aussi... Quand j'ai vu tes mignonnes narines, qui faisaient ça, comme ça, j'ai compris tout de suite que j'allais t'aimer. Ensuite, au moment où je m'y attendais le moins, et c'est juste le moment où tu me faisais ta révérence, j'ai vu là, au-dessus de ta tempe gauche, là, une mèche de cheveux qui se tortillonnait... Oh! alors, j'ai compris que je t'aimais pour la vie!