—J'aimais. Je me suis donnée. Je vais être mère. J'ai honte. Mon père m'a chassée. Je suis toute seule.

—Épousez votre amant.

—Les pauvresses comme moi n'épousent pas les princes tels que lui.

—Il est prince? Il s'appelle?...

—Dieudonat.

La foule, qui grossissait, grogna; alors seulement, la jeune fille s'aperçut que des gens l'écoutaient: elle se cacha la face.

—Pourquoi me faites-vous raconter mon déshonneur devant ces hommes? Par quel pouvoir et de quel droit? Laissez-moi m'en aller, puisque vous m'empêchez de mourir.

—Vous épouserez votre prince, je m'y engage.

Son outrecuidance parut grotesque; un ouvrier se mit à rire:

—C'est peut-être vous qui les marierez de force?