—Im'sieu.
—Plus qu'étudier?
—Sûr!
—Oui, oui, mais il faut travailler tout de même, n'est-ce pas? et préparer des examens, des concours, se faire une position, pour gagner sa vie, plus tard, quand on sera grand, quand papa sera vieux?...
La voix de Dieudonat chevrotait dans sa gorge, avec cet anxieux tremblement de l'honnête homme qui va commettre une mauvaise action et qui la prépare. En même temps, l'écolier avait pris une figure presque inquiète.
—Ça te fait de la peine, ce que je te dis là?
L'écolier haussa une épaule, lentement, pour exprimer quelque impuissance, et le philosophe sentit là une misère secrète: aussitôt il oublia la sienne.
—Tu as un souci? Raconte. Je veux savoir.
Un peu étonné d'obéir, le garçonnet, tout d'une haleine, confia que, sans doute, il ne pourrait pas continuer ses études; que son père, employé chez un commerçant, allait perdre sa place à cause d'une faillite imminente; que sa mère s'en désespérait à l'avance et que bientôt on n'aurait plus de pain.