—Oui. Des masses! Je suis la fille du geôlier... Gertrude.
—Ah?
—Oui. Mon père est le geôlier, et alors, moi je suis sa fille, vous comprenez?
—Parfaitement; vous êtes la fille du geôlier, et vous habitez la prison.
—Voilà.
Le silence qui suivit dénonça les difficultés de la conversation. La visiteuse qui, apparemment, avait d'autres choses à dire, attendait qu'on l'aidât: dans l'attente, elle caressait ses genoux, d'un mouvement circulaire de ses deux paumes ouvertes, et contemplait la lanterne d'un air béat. Enfin, elle se décida à tousser. Dieudonat, par politesse, toussa aussitôt. Un nouveau silence se fit dans le cachot. Les rats, au bord de leurs trous, observaient.
La fille prit son courage et se tourna vers l'homme:
—Alors, comme ça, vous êtes condamné à mort?
—Mon Dieu, oui.
—C'est un moment à passer. Il faut se faire une raison.