—Voilà que je n'ai plus envie d'aller mourir, à présent, plus du tout! Et depuis un gros moment, je me répète: «Non, ma foi, je ne veux pas qu'on me pende.» C'est ta faute.

—A moi?

—Sûr! Pourquoi ne resterais-je pas encore quelque temps sur la terre, où il y a des braves gens, comme toi? Car tu es une bonne fille, Gertrude.

—Toi aussi.

—Ça y est! Je demande à rester.

—Pauvre garçon...

Elle le regarda avec pitié, et leurs yeux innocents, qui s'étaient rencontrés, se mirent à rêver ensemble.

Ils se plaignaient l'un l'autre, et ne s'en cachaient pas, bien que n'en disant rien. Mais soudain, une idée naquit dans chacun de ces deux cerveaux, et les deux visages en même temps prirent une expression de joie, mais ni Gertrude ni Dieudonat ne voulurent dire ce qu'ils pensaient. Dès lors, ils parlèrent moins; ils semblaient préoccupés ou impatients; à la dérobée, ils lançaient des œillades au soupirail, comme pour y provoquer quelque signal.

Enfin, un peu de jour blanchit dans les hauteurs. Elle pensa: «C'est maintenant», et il pensa: «C'est maintenant.»

Elle embrassa tendrement celui qui devait mourir tout à l'heure, et deux grosses larmes noyèrent ses yeux canins; puis elle se leva pour partir.