—Je suis pressée: j'ai affaire, tout de suite.
Mais il la retint par le poignet:
—Gertrude, nous ne nous reverrons plus, je crois, en ce bas monde, et je veux t'y laisser un souvenir de moi. Écoute: tu es bonne et je t'aime bien. Cependant, tu ne m'as même pas demandé mon nom.
—Tu es le condamné.
—Mais encore?
—On t'appelle Onuphre.
—As-tu entendu parler d'un certain Dieudonat?
—Un dont les souhaits se réalisent et qui a de l'or tant qu'il veut?
—Il a mieux que de l'or; toi aussi tu as mieux, car tu as ton cœur d'or, et tu as sacrifié ta santé pour consoler les malheureux. Dieudonat te cède la sienne. Ainsi soit-il! Embrasse-moi, maintenant, et va; mais, dans l'avenir, épargne-toi davantage pour garder ce que je te donne. Adieu, Gertrude.