—En d'autres termes, monseigneur, cela revient à dire qu'il ne consentirait pas à risquer, pour sa part, l'erreur d'une décision à prendre.

—L'abbé, l'abbé! Que dites-vous là? Il aura des décisions à prendre, quand il régnera à ma place.

—Je crains bien, monseigneur, que cet enfant-là soit trop intelligent pour accepter un trône: il s'en jugera indigne, et le refusera par conscience.

—L'abbé, l'abbé! Mes peuples comptent sur lui et j'ai compté sur vous, l'abbé! Vous avez mal élevé mon fils, et je vous ferai pendre.

—Ce n'est pas ma faute, monseigneur, c'est la faute du Saint-Esprit!

—Ferai-je pendre le Saint-Esprit, et me le conseillerez-vous, méchant que vous êtes?

—De grâce, monseigneur, ne vous courroucez pas!

—Voilà qui est bien dit, l'abbé; un juge doit s'abstenir de toute passion, au moment de rendre ses arrêts. Ne parlez plus et laissez-moi réfléchir.

Quelques instants s'écoulèrent.