Sans rien dire, elle m'entoura le cou de ses deux bras, et me berça la tête sur son épaule, dans ses cheveux, comme elle eût fait d'un petit enfant.
Peu à peu, elle se mit à articuler une syllabe monotone, et ce n'était d'abord qu'un murmure indistinct; mais, peu à peu, j'entendis qu'elle disait en berçant ma tête:
—Là, là… Là, là… Dodo…
Toujours mère, la pauvre mignonne chantonnait ces mots avec la voix d'une mère, et, de l'entendre ainsi, c'était pour moi comme un rappel de toute sa vie brisée par moi, un reproche inconscient et résigné.
—Dodo, dodo…
Je ne pus résister davantage: mes sanglots éclatèrent, et mes larmes coulaient si fort que ses cheveux et son épaule en étaient tout mouillés.
Épouvantée, elle cria:
—Jacques! Quoi? Dis vite quoi!
Je ne répondais pas.
—Jacques! Il faut que tu dises!…