Après quelques minutes, elle me rejoignit, et proféra sentencieusement:
—Tu me plais. J'y réfléchirai.
Mais elle commençait à me déplaire, et je revins à Paris.
De tout l'automne, de tout l'hiver, je n'entendis parler d'Olga, et je l'oubliais, lorsque, au printemps, elle m'écrivit. Elle désirait me voir, me parler d'une affaire grave, et m'annonçait sa visite, pour mardi, trois heures.
Très exacte, et même avec deux minutes d'avance (puisque les femmes arrivent en retard), je la vis qui descendait de voiture: elle était enveloppée d'une longue pelisse rose, comme au sortir d'un bal. Elle entra, s'assit, ôta son chapeau.
—Je viens, ami, t'annoncer une grande nouvelle: je me marie.
—Ah?
—Point de compliments: j'épouse un sot. Il est riche et m'adore. Pour éprouver la puissance de ma domination, je lui ai déclaré qu'il ne serait pas mon premier amant. Il a pleuré, se résigne et persiste. Donc, il m'aime comme j'entends être aimée: c'est bien, et je l'épouse. Mais je ne veux pas avoir menti, et je ne veux pas non plus qu'un sot ait ma virginité. Je te l'apporte.
Tranquillement, elle dénoua son manteau rose et l'ouvrit tout grand: elle était, en dessous, complètement nue.
Son visage et ses yeux restaient graves, sans émotion. Elle me regardait la regarder, et savourait mon étonnement.