Alors, un peu de calme se fit dans mes nerfs troublés, et bientôt la pitié demeura seule. Mais la pitié dura peu: par un retour d'égoïsme, une autre anxiété me prit: comment sortir de cette chambre verrouillée à secret? La folle consentirait-elle à décadenasser la fenêtre?
Je me rapprochai du lit: contre le mur, une masse informe de bête blottie gonflait les draps, et les cheveux épars sur l'oreiller décelaient seuls une présence humaine. Je n'osais parler, craignant les mots qui risquaient d'être mal venus…
—Rœschen…
—Je dors.
—Rœschen, il me faut aller dormir aussi.
—Allez, dit-elle, et refermez la porte.
Sans plus insister, j'examinai le cadenas, espérant qu'elle ne l'avait pas exactement fermé. Il était fixe sur ses pitons solides. La malheureuse pouvait seule me délivrer. Mais comment la persuader de venir à mon aide?
—Rœschen…
—Allez dormir.
Par quel subterfuge obtenir son consentement? Je cherchais… J'ai trouvé!