Un matin, le bruit courut que madame Bonnavent était sortie de chez elle, allant vers la cathédrale…
C'était l'anniversaire de l'hyménée: elle le passa tout entier dans l'église, en prières, et ne rentra que pour l'heure du crépuscule: alors, elle s'enferma dans le petit salon, et agenouillée près du divan, elle pria longuement.
Le lendemain, elle dut garder la chambre; elle voulut se lever et n'en eut pas la force. Le médecin diagnostiqua une grave neurasthénie, avec une anémie profonde. On apprit, des servantes, que madame jeûnait depuis des mois et portait un cilice.
Elle languit pendant un semestre. Le docteur exprima de sérieuses inquiétudes.
La malade ne s'épouvantait nullement: elle témoigna d'une admirable sérénité.
—Docteur, dites-moi, je vais mourir, n'est-ce pas?
—Non, madame, non certes!…
Il eut le sourire professionnel de la confiance, mais elle insista.
—Pour raisons importantes, docteur, il faut absolument que je sache si je suis condamnée, et pour quelle époque, à peu près.
—Mon Dieu, madame…