--Il faut que vous me rendiez un service, dit-il. Nous irons la voir ensemble.

--Mais personne au monde ne sait où elle est!

--Allons donc! On ne disparaît pas comme cela. Ne vous occupez de rien, je ferai les recherches nécessaires. Je ne vous demande que de m'accompagner le jour où je connaîtrai le lieu où elle se cache. Comme vous êtes l'ami de son mari, vous pourrez tout de même entrer chez elle, et vous lui demanderez une entrevue en mon nom. Je veux la revoir encore une fois, une dernière fois...

Je le lui promis. Il répétait:

--Je veux savoir, savoir... Je ne peux pas croire qu'elle m'ait trahi. Il y a quelque chose que je ne comprends pas.

J'admirai cette sorte de foi en Françoise, et je me demandai si j'aurais eu la force de la garder ainsi, dans le cas où cette mésaventure me fût advenue. Et cependant, au fond de moi-même, je conservais la même conviction; j'étais, il est vrai, plus désintéressé dans la question.

Il m'apprit, avant de me quitter, que c'était par son ami Jasmin-Brutelier qu'il avait été tenu au courant de tous ces événements.

--Il est heureux, lui, conclut-il. Il n'est pas seul au monde...

Pendant quinze jours, je fus sans nouvelles de Lucien Béchard. Il reparut au bout de ce laps de temps.

--Êtes-vous toujours décidé à m'accompagner? me dit-il en entrant.