--Plus que jamais!

--Eh bien! j'ai trouvé la piste de Françoise. Son mari a acheté une étude de notaire à Aubagne, qui est une toute petite ville, près de Marseille. Ils y vivent tous les deux. J'ai leur adresse. Quand partons-nous?

Le surlendemain, Lucien Béchard et moi nous prenions à la gare de Lyon le train de 8 heures 15.

CHAPITRE XXV

Que contient la leçon de ce livre?

"Le souffle est la mort, le souffle est la fièvre, le souffle est révéré des dieux; c'est par le souffle que celui qui dit la parole de vérité se voit établi dans le monde suprême."
Atharva-Véda (Liv.XI).

A peine arrivés à Marseille, nous partîmes pour Aubagne. Un tramway nous y conduisit, qui, pendant une heure, nous fit rouler dans les flots de poussière, entre des arbres si blancs qu'ils semblaient couverts de neige. Bientôt, nous vîmes autour d'un double clocher se serrer plusieurs étages de maisons décolorées, aux tons éteints, tassées les unes contre les autres, avec la disposition des minuscules cités italiennes, qui sont venues à l'appel de leur campanile.

Nous descendîmes au commencement d'un boulevard, que signalait une fontaine et au milieu duquel un marché de melons occupait plusieurs mètres carrés. L'ombre légère des platanes allait et venait sur de bourgeoises façades, d'un bon style provincial.

--Est-il possible qu'elle vive ici! murmura Lucien Béchard, jetant un regard de mépris aux habitants qui vaquaient de-ci, de-là, plus paysans que citadins, l'air indifférent et inoccupé.

Mais je ne partageais pas le dédain de mon compagnon de route. Quelque chose me plaisait dans l'atmosphère de la petite ville provençale, dans son aspect rustique (j'y voyais surtout des marchands d'objets aratoires), dans son silence et son désoeuvrement, dans son grand soleil blanchâtre qui s'engourdissait à demi, dans ses cours ombragés et poussiéreux.