Le tapage de l'orchestre grandissait et le reste de la conversation se perdit dans le tumulte joyeux de la fricassée.
[II]
LA PRÉDICTION
La danse terminée, le sergent Lefebvre reconduisit sa payse Catherine à sa place.
La paix était complète. Ils se parlaient comme deux vieilles connaissances et s'avançaient bras dessus bras dessous, ainsi que deux amoureux.
Lefebvre, pour cimenter tout à fait l'accord, proposa un rafraîchissement.
—Accepté! répondit Catherine... oh! je ne fais pas de manières, moi... vous m'avez l'air d'un bon garçon, et, ma foi, je ne refuse pas votre politesse, d'autant plus que la fricassée donne une jolie soif... asseyons-nous!
Ils prirent place à une des tables qui garnissaient la salle.
Lefebvre paraissait enchanté de la tournure que prenaient les choses. Il eut cependant un moment d'hésitation avant de s'asseoir.
—Qu'avez-vous? demanda Catherine brusquement.
—C'est que, voyez-vous, mam'zelle, aux gardes comme dans la milice, répondit-il un peu embarrassé, nous n'avons pas l'habitude de faire suisse...