—De l'abatis d'oie aux navets, n'est-ce pas, fiston?

—Oui, c'est délicieux, l'abatis!... et puis Catherine a besoin de te parler au sujet de ce moutard, qui nous regarde là, assis sur son derrière, avec de grands yeux étonnés!...

—Le petit Henriot? demanda la fruitière surprise.

—Oui, dit Catherine intervenant, il s'agit du petit Henriot, citoyenne, c'est pour lui que je suis ici, sans cela j'aurais laissé Lefebvre venir avec le capitaine Hoche. Ils n'avaient pas du tout besoin de moi pour ce qu'ils ont à faire dans le bois de Satory... J'ai à vous parler de ce petit...

—Bien, nous causerons du mioche, et vous m'aiderez à gratter mes navets, dit la fruitière, et puis nous casserons le cou à un poulet... avec une omelette au lard, ça fera-t-il votre affaire, mes gaillards?

—Fameuse, l'omelette au lard! dit Hoche à Lefebvre... La maman la fait si bien! Mais viens-tu, François, il faut les laisser toutes les deux bavarder et cuisiner. A tantôt! On nous attend!

Les deux amis s'en furent au rendez-vous mystérieux, dont Catherine semblait avoir la confidence.

Les deux femmes, restées seules, commencèrent les apprêts du repas.

Tout en épluchant les légumes et en aidant à trousser le poulet, Catherine fit connaître à la fruitière qu'elle venait chercher l'enfant, pour le conduire à sa mère, ainsi qu'elle s'y était engagée.

La bonne fruitière fut tout émue. Elle s'était attachée à Henriot. Il lui rappelait son Lazare, quand il jouait tout petit, sur le pas de la porte.