Un décret du 16 août avait supprimé la maison d'éducation de Saint-Cyr, comme un foyer royaliste.

Les parents avaient dû au plus vite retirer leurs filles, et l'établissement s'était promptement vidé.

Bonaparte, faute d'argent, avait tardé à venir retirer sa sœur du couvent aboli.

Il fallait cependant que la maison fût évacuée complètement, le 1er septembre.

Sur le conseil de son frère, Elisa adressa une demande au directoire de Versailles à l'effet de toucher la somme nécessaire, pour son retour dans sa famille.

M. Aubrun, alors maire de Versailles, délivra un certificat constatant: que la demoiselle Marie-Anne Bonaparte, née le 3 janvier 1777, entrée le 22 juin 1784 comme élève de la maison de Saint-Louis, s'y trouvait encore, et demandait une somme de 352 livres pour se rendre à Ajaccio, résidence de sa famille distante de 352 lieues.

En vertu de cette autorisation, Bonaparte était venu le matin à Versailles, pour chercher sa sœur.

Il l'emmenait avec lui, à Paris, et de là se rendait en Corse.

Lefebvre et Hoche félicitèrent le capitaine d'avoir ainsi pu terminer cette délicate affaire de famille.

Bonaparte leur apprit en même temps que l'obligation où il se trouvait de ramener sa sœur dans sa famille lui avait permis de solliciter, avec plus d'énergie, sa propre réintégration dans l'armée.