Il s'était, aussitôt arrivé, rendu à l'hôtel de ville.
Deux grands intérêts l'avaient contraint à se rapprocher du théâtre de la guerre et à venir s'enfermer dans une cité qui, d'un moment à l'autre, pouvait se trouver investie.
Il lui fallait liquider sa fortune et rentrer dans le cautionnement, par lui versé à la ville de Verdun, pour sa ferme des tabacs.
Et puis un autre grave souci nécessitait la venue du baron à Verdun.
Il voulait, à la veille d'épouser Blanche de Laveline, rompre un lien, pour lui insupportable à présent, et s'affranchir d'une affection remontant déjà à quelques années.
Il avait rencontré, à Verdun, une jeune fille d'une honorable famille, mais sans fortune, venue d'Angers pour entrer en religion.
Mademoiselle Herminie de Beaurepaire n'avait pas sur-le-champ prononcé ses vœux. Sa vocation était médiocre. Elle s'était résignée au sacrifice du voile, afin de permettre à son frère de tenir son rang dans le monde et d'acheter une compagnie.
Le baron de Lowendaal n'eut pas de peine à détourner Herminie du cloître.
Rappelé à Paris par les soins que nécessitait sa grande fortune, le baron ne tarda pas à oublier complètement la pauvre Herminie.
Affolé d'amour pour Blanche de Laveline, il n'avait plus qu'indifférence pour la jeune femme qui l'attendait avec des alternatives d'angoisse et d'espérance, dans la tristesse de l'antique hôtel d'une vieille tante, fort riche et peu valide.