Qui mange à la gamelle!

Vive le son (bis) du chaudron!

Un chariot stationnait à quelques pas des cuisines en plein air. Un bon vieux cheval gris, dételé, paisiblement broutait l'herbe, cherchant à tirer sur la longe, pour atteindre l'écorce de jeunes arbrisseaux, objet de sa convoitise.

Le chariot portait sur sa caisse cette inscription:

13e LÉGER

Mme Catherine Lefebvre

Cantinière.

A quelques pas du chariot, un enfant gaminait, rôdant autour des faisceaux; comme pour chercher protection, il s'approchait de temps en temps de la cantinière, qui lui tapotait les joues pour le rassurer, sans s'interrompre, pressant la besogne, car les troupiers réclamaient l'ouverture de la cantine. Aidée par un soldat, elle disposait en forme de table, sur deux tréteaux, une grande planche.

Bientôt des cruchons, des brocs, un petit tonneau, avec des verres et des assiettes, se trouvaient rangés sur la table improvisée.

La cantine était montée.