—Vraiment! c'est un grand malheur pour moi...

—Ne raillez pas!... Oh! je sens bien que vous, pareillement, vous ne m'aimez plus... m'avez-vous même jamais aimée? Je fus pour vous la distraction d'un instant... le jouet du cœur... non pas même du cœur, l'amusement des sens, une façon d'user les heures de désœuvrement au fond d'une retraite provinciale... Vous étiez retenu par vos affaires ici... La vie des gentilshommes et des militaires, avec leurs plaisirs faciles et leurs bruyantes débauches, vous semblait fade et peu digne de vous, brillant personnage de la cour, habitué de Trianon, ami du prince de Rohan et du comte de Narbonne... vous m'avez aperçue dans mon coin, triste, seule, pensive...

—Vous étiez charmante, Herminie!... vous êtes toujours désirable et belle, mais à cette époque vous aviez pour moi un attrait indicible... un piquant... une saveur...

—J'ai perdu tout cela, à présent, n'est-ce pas?

—Je proteste! s'écria galamment le baron.

—Ne mentez pas!... je ne suis plus la même à vos yeux... Vous avez vu juste; je vous l'ai dit: je vous aimais alors et aujourd'hui vous m'êtes devenu indifférent.

—J'aime mieux cela! pensa le baron.

Et il ajouta en lui-même:

—Eh! mais, les choses se passent fort bien... La rupture s'accomplit sans secousse, sans trop de pleurs et de reproches... C'est parfait!

Il reprit, en tendant la main à Herminie: