—Votre demande me charme... et, je vous l'avouerai, m'embarrasse... Certainement je n'ai pas oublié qu'autrefois... dans ces moments de folie, comme vous les désigniez tout à l'heure, j'ai pu m'engager... Oh! je ne me dédis pas... je vous prie de croire que mes sentiments sont toujours pour vous respectueux, ardents, sincères...
—Mais vous refusez?
—Je ne dis pas cela!...
—Alors, vous consentez?... Voyons, répondez franchement!... Je vous ai dit que je n'avais plus ni doute ni crainte. Je pourrais ajouter que l'espérance a marché côte à côte avec moi, et, brusquement, au détour du chemin, m'a faussé compagnie... J'attends votre réponse avec la fermeté d'un cœur où tout s'est apaisé!... où tout est mort!...
—Mon Dieu, ma chère Herminie, vous me prenez là au dépourvu... Je ne suis pas venu précisément à Verdun pour causer mariage... De graves affaires, des intérêts de premier ordre, nécessitent ma présence dans cette ville, où le moment serait mal choisi pour s'occuper de joies nuptiales...
—Ne parlez pas de joies entre nous!... Donc, vous refusez?...
—Non... je vous prie de m'accorder un délai... Attendez que la paix soit faite... ce ne sera pas long...
—Vous croyez?... Vous espérez donc que les lâches et les traîtres l'emporteront, et que Verdun ne se défendra pas?
—Je crois la défense impossible... Ce ne sont pas vos artisans, vos petits bourgeois, des cloutiers et des savetiers, qui sont capables de résister aux armées de l'empereur et du roi!
—N'insultez pas de braves gens qui se battront comme des héros, s'ils savent se débarrasser des traîtres et des chefs incapables! dit avec énergie Herminie.