—Je vous ai dit, madame, que pour le moment je ne voulais... je ne pouvais prendre aucune décision... Attendez!... j'ai des affaires trop sérieuses à terminer... Que diable! un peu de patience!... A la paix, vous dis-je!... Quand les factieux seront punis et que Sa Majesté rentrera tranquillement, non pas aux Tuileries, la Révolution y pénètre avec trop de facilité, mais à Versailles... alors je verrai!... je déciderai...
—Prenez garde, monsieur!... je suis femme à me venger de ceux qui font de faux serments!...
—Des menaces!... Allons donc! fit le baron ricanant, j'aime mieux cela... C'est moins dangereux que vos larmes!
—Prenez garde, encore une fois!... Vous me croyez faible, désarmée, sans appui... Vous pouvez vous tromper!...
—Je vous répète, madame, que vous ne réussirez pas à m'intimider...
—Vous n'entendez donc pas ce bruit, ce tumulte?... C'est le tambour qui se rapproche!
—En effet... c'est singulier!... Est-ce que les Prussiens seraient déjà dans la ville? murmura le baron.
Et il ajouta, avec une satisfaction intérieure très visible:
—Ils arrivent à propos, nos bons amis les ennemis, pour couper court à cette sotte histoire et me fournir un honnête prétexte de prendre congé de cette ennuyeuse fille!...
—Ce ne sont pas les Prussiens, dit Herminie avec triomphe... ce sont des patriotes qui viennent secourir Verdun...