—Ce que nous venons faire? dit Catherine, parbleu! fiche une brûlée aux Prussiens, rassurer les patriotes, et taper sur les aristos, s'ils font mine de bouger!
—Bien parlé, madame! dit Herminie, ajoutez donc le nom du chef des volontaires de Mayenne-et-Loire... cela fera plaisir à monsieur...
—C'est le brave Beaurepaire qui les commande!...
—Beaurepaire! dit le baron avec effroi.
—Oui... mon frère!... qui, une heure avant son entrée dans la ville, m'a envoyé cette vaillante femme pour m'avertir, pour me rassurer!... dit Herminie dont le pâle visage était empourpré de joie.
—On dirait que ça vous défrise, mon petit père! fit Catherine Lefebvre, tapant familièrement sur l'épaule du baron décontenancé. Vous n'êtes donc pas patriote?... Ah! faut faire attention, voyez-vous, parce que les aristos qui voudraient parler de capitulation, à présent, ils n'auront pas beau jeu avec nous!
—Combien sont-ils vos volontaires? demanda le baron tout soucieux.
—Quatre cents... et puis, il y a la compagnie de Lefebvre, mon homme... Ça fait, en tout, cinq cents lapins qui vont remuer la ville, allez!
La physionomie du baron était redevenue calme.
—Cinq cents hommes! Le mal n'est pas si grand que je le craignais!... Ces cinq cents forcenés ne pourront tenir la ville... surtout si la population bien travaillée réclame à cor et à cris la capitulation... Le pire, c'est la présence de ce Beaurepaire!... Comment me débarrasser de lui?