—J'ai des choses importantes à lui dire...

Catherine haussa les épaules.

—Tu choisis bien ton moment, mon garçon!...

—On choisit le moment qu'on peut...

—C'est possible... mais pour l'instant le commandant n'est pas visible...

L'homme se frotta la tête et murmura:

—C'est qu'il faut absolument que je le trouve...

Catherine regardait avec méfiance son interlocuteur. Son insistance lui semblait suspecte. Elle résolut d'avertir son mari.

Elle allait le signaler à l'un des soldats, en le priant de chercher Lefebvre sur-le-champ, quand l'ordonnance de Beaurepaire survint.

Excité par le bruit du combat, la langue déliée par des libations abondantes offertes par l'un des membres de la municipalité qui l'avait interrogé longuement sur son chef, l'ordonnance se mit à bavarder. Le soldat raconta, malgré les coups d'œil significatifs de Catherine, que Beaurepaire avait été prendre un peu de repos chez une de ses parentes dans un hôtel de la ville haute, où il devait, à quatre heures du matin, aller l'éveiller, en lui amenant son cheval.