—Eh! l'ami, lui cria-t-elle sans façon, pourquoi ne viens-tu pas t'arroser d'un bon coup de schnick, comme on dit chez nous?... Tu es un civil, ça ne fait rien... Demain, tu seras comme les autres, sous les armes... Va! tu peux trinquer avec les défenseurs de ton pays... on est tous des frères!
Et comme l'homme ne répondait pas à cet appel engageant et faisait mine de s'éloigner, elle le rappela:
—Eh! l'ami, ne t'en va pas comme ça!... Viens, que je t'ai dit... Tu n'as peut-être pas d'argent pour trinquer?... Ça ne fait rien... c'est moi qui régale aujourd'hui, demain tu paieras à ton tour... Qu'est-ce qu'il faut te servir, citoyen?
L'homme interpellé répondit sèchement:
—Merci, je ne bois pas...
—Tu n'as pas soif... et tu ne te bats pas? Alors, qu'est-ce que tu viens faire ici?...
L'homme hésita, puis dit d'une voix sourde:
—Je voudrais parler au commandant Beaurepaire...
Catherine le regarda avec surprise.
—Toi?... parler au commandant?... et qu'est-ce que tu lui veux?...