Malgré les observations du marquis de Laveline, estimant que le moment et le lieu apparaissaient fort mal choisis pour célébrer un mariage, l'ennemi—pour le marquis et son futur gendre, l'ennemi, c'étaient les soldats français—pouvant survenir d'un jour à l'autre, le baron avait répondu en exigeant du marquis qu'il tînt sa promesse.
Il lui rappela même assez brutalement que les opérations militaires n'empêchaient nullement le règlement des dettes et que les biens du marquis étant situés en Alsace, c'est-à-dire sous le canon des armées impériales, il lui serait difficile de se soustraire à ses engagements.
Il ajouta même une phrase comminatoire dont M. de Laveline parut comprendre très nettement la portée, car il cessa ses objections et répondit:
—Allons, il n'y a plus qu'à décider ma fille... je ne peux pourtant pas la traîner de force à l'autel!
Le baron avait grommelé:
—Cela vous regarde!... Arrangez-vous pour mettre à la raison cette jeune rebelle!
Il manda aussitôt le notaire de Jemmapes et ordonna au chapelain du château de tout disposer pour la bénédiction nuptiale...
A minuit, le mariage serait célébré, et immédiatement après, profitant de la nuit, les époux partiraient pour Bruxelles avec le marquis. On attendrait là, bien en sûreté, derrière l'armée impériale, le résultat des hostilités.
Blanche, depuis son arrivée au château, s'était enfermée, ne voulant recevoir personne.
Le baron avait insisté par deux fois pour avoir ensemble un entretien; elle avait refusé de le laisser pénétrer dans l'appartement qui lui était réservé.