—Bah! se dit-elle, les braves du 13e ne dorment que d'un œil, et ils ne laisseront pas les kaiserlicks, même avec le mot d'ordre volé, arriver à portée de fusil, sans leur montrer qu'on fait bonne garde chez nous, et qu'on s'y méfie des traîtres...
Elle s'assit donc, un peu plus rassurée, sur l'un des deux fauteuils préparés, devant l'autel, pour les époux.
Un prêtre, agenouillé, priait dévotement dans un angle.
Il parut ne faire aucune attention à elle.
Curieusement, elle examina les tableaux du chemin de croix, les ornements du tabernacle, la petite lampe astrale où brûlait une mèche vacillante et les quatre cierges allumés jetant une lueur funèbre.
—Brrr!... est-ce qu'on voulait chanter ici l'office des morts et non célébrer une messe de mariage? murmura Catherine, impressionnée par la tristesse de l'édifice religieux.
L'attente lui parut longue.
Tout à coup la porte de la chapelle s'ouvrit avec fracas.
Un bruit de pas, auquel se mêlait un cliquetis de sabres, résonna.
Catherine, pour conserver plus longtemps son personnage, se drapa complètement dans le manteau de Blanche et s'agenouilla, évitant de se retourner.