Le prêtre, lentement, s'était relevé après deux génuflexions et s'était approché de l'autel. Il avait commencé rapidement la lecture, à voix basse, de son rituel.
Le baron de Lowendaal cependant, se dirigeant vers celle qu'il croyait sa fiancée, l'aborda le chapeau à la main, la jambe tendue, le sourire aux lèvres, et lui dit galamment:
—J'espérais, mademoiselle, avoir l'honneur et le très grand plaisir de vous accompagner moi-même en ce saint lieu, avec monsieur votre père... bien heureux comme moi de votre bon vouloir. Je comprends vos timidités et vous les pardonne... Veuillez me permettre de prendre place à vos côtés!
Catherine ne répondit rien, ne bougea pas.
Le marquis à son tour s'avança et dit à mi-voix:
—C'est très bien, ma fille... et je vous félicite d'être enfin devenue raisonnable!...
Et il ajouta plus haut:
—Mais, Blanche, débarrassez-vous donc de ce manteau de voyage... ce n'est pas aimable de se marier ainsi!... et puis il faut faire honneur à nos invités, vos témoins et ceux de votre mari... des officiers du général Clerfayt... Montrez-leur au moins votre visage! souriez un peu, c'est de mise en un pareil jour!... qu'on puisse voir votre sourire!...
Catherine, en entendant nommer des officiers autrichiens, fit un mouvement brusque.
Son manteau s'écarta et dégagea sa jupe à ganse tricolore.