—Eh bien! oui, une Française!... Catherine Lefebvre, cantinière au 13e! Vrai! ça vous estomaque, mes gas!... s'écria madame Sans-Gêne, se dépêtrant de son long manteau et prête à rire au nez du fiancé déconfit, à tirer la langue au marquis furieux et à ratisser des doigts devant les officiers autrichiens inquiets, regardant si des soldats du 13e, dont Catherine avait fièrement lancé le numéro, comme un appel de trompette, comme un signal de combat, n'allaient pas surgir du confessionnal et sortir du tabernacle, sous la protection du Dieu des armées.
[XVIII]
DETTE DE RECONNAISSANCE
Le premier moment de surprise passé, l'un des officiers mit la main sur l'épaule de Catherine:
—Vous êtes ma prisonnière, madame! reprit-il gravement.
—Allons donc! fit Catherine... moi, je ne me bats pas!... je suis ici en visite... en parlementaire...
—Ne raillez pas!... vous vous êtes introduite dans ce château... dont j'ai pris possession au nom de S. M. l'empereur d'Autriche... vous êtes Française et en territoire autrichien... je vous garde!...
—Vous arrêtez les femmes à présent?... ça n'est pas galant...
—Vous êtes cantinière...
—Les cantinières ne sont pas des soldats...
—Ce n'est pas comme soldat que vous êtes prisonnière, c'est comme espionne!... répondit l'officier, et faisant un signe derrière lui, il commanda: