—Je serais donc arrivé trop tard pour la délivrer, sans vous?

—Sans La Violette! dit Catherine, c'est lui qui a tout fait.

—Allons, je vois qu'il faut aussi que je mette en liberté La Violette, dit Neipperg en souriant. Catherine, vous êtes libre... je vous le répète, emmenez aussi votre camarade... Je vais vous donner deux hommes qui vous accompagneront jusqu'aux grand'gardes...

Puis, ayant donné les ordres nécessaires, Neipperg dit à Catherine:

—Vous allez revoir Blanche, dites-lui que je l'aime toujours et que je l'attends... Après la bataille, je la retrouverai sur la route de Paris...

—Ou sur la route de Bruxelles, monsieur le comte! répliqua Catherine très crâne.

Neipperg ne répondit rien.

Il porta la main à son chapeau et dit à Catherine:

—Profitez des dernières heures de la nuit pour regagner votre camp... Croyez bien, ma chère madame Lefebvre, que je ne m'estime pas avoir assez payé ma dette... je suis toujours votre obligé... Peut-être les hasards de la guerre me fourniront-ils encore l'occasion de vous prouver que le comte de Neipperg n'est pas un ingrat!...

—Bah! fit Catherine, nous sommes quittes, monsieur le comte, pour l'affaire du 10 août... mais je vous redois encore quelque chose pour ce garçon-là, fit-elle en montrant La Violette... comme vous le dites, nous sommes gens de revue, et l'on s'acquittera un jour ou l'autre... Allons, adieu, mon colonel... et toi, grand clampin, par file à droite et au pas accéléré, en avant, marche! ajouta-t-elle en bourrant amicalement La Violette.