—Que faut-il faire?
—Me donner les droits qui me permettront de parler haut et ferme, en votre nom et au mien...
—Faites ce que vous jugerez bon, ne savez-vous pas que mon sort est lié au vôtre?...
—Eh bien, quoique séparés, les hasards de la guerre nous ont rapprochés, il faut que nous soyons à jamais unis, Blanche, il faut que vous soyez ma femme!... Y consentez-vous?...
Pour toute réponse, mademoiselle de Laveline s'élança dans les bras de celui qui allait devenir son époux.
—Tout avait été préparé ici pour la célébration du mariage, dit Neipperg... le prêtre est à l'autel, le notaire sommeille avec ses paperasses dans une des salles du château... il n'y a qu'à l'éveiller... il changera les noms du futur, tandis que l'ecclésiastique donnera sa bénédiction... Venez, Blanche, venez faire de moi le plus heureux des époux!...
Une heure après, dans la chapelle où Catherine Lefebvre avait joué un instant le personnage de l'épousée, Blanche de Laveline devenait comtesse de Neipperg...
A peine les paroles sacramentelles de l'église avaient-elles uni les époux, pendant que le tabellion, effaré, remportait précipitamment son contrat dûment signé, paraphé, scellé, un crépitement de fusillade éclata dans le vallon au pied de la chapelle...
Les trompettes, les tambours lançaient éperdument aux échos le signal du combat...
—Messieurs, dit Neipperg en conduisant Blanche vers un groupe d'officiers, je vous présente la comtesse de Neipperg, ma femme...