—Oh! mon Lefebvre, que tu es gentil et que je t'aime!...

A ce moment, des coups de feu au loin déchirèrent l'air brumeux... Le canon répondit...

Tous les badauds rentrèrent dans leurs maisons...

—Allons! à tantôt, Catherine! il faut que j'aille où le devoir m'appelle... Sois tranquille! nous reviendrons vainqueurs!... dit joyeusement Lefebvre.

Et tout en prenant son fusil, il l'embrassa encore une fois, et s'éloigna dans la direction des Tuileries.

Les Suisses avaient tiré sur une foule à peine armée et qui parlementait avec eux...

Des cadavres jonchaient le vestibule des Tuileries, les trois cours et le Carrousel!...

Mais déjà les canons des patriotes envoyaient leurs boulets signifier à la royauté sa déchéance...

Louis XVI s'était réfugié au sein de l'Assemblée nationale, qui s'était réunie à deux heures du matin, au son du tocsin. En attendant les événements, les législateurs, sous la présidence de Vergniaud, discutaient l'abolition de la traite des nègres. La cause sacrée de la liberté humaine était ce jour-là défendue partout, sans distinction de races, ni de couleurs.

Tapi dans la loge du logotachygraphe, le journaliste sténographe, comme on dirait aujourd'hui, chargé de la rédaction des comptes rendus, l'épais monarque mangeait tranquillement une pêche, sourd aux détonations qui faisaient crouler son trône, indifférent au sort de ses Suisses, et oublieux de ces nobles qui mouraient pour lui...